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Au départ, Apple n’a pas imposé de tarifs aux éditeurs d’applications quant au montant des abonnements facturés aux consommateurs. Par la suite, le groupe a imposé trois tarifs de facturation pour un journal : 0,79, 1,29 ou 1,59 euros. Ce qui ne laisse pas vraiment de marge de manoeuvre aux éditeurs.
De plus, Apple conserve 30 % des bénéfices sur chaque abonnement si le consommateur prend ce dernier via l’Apple store, ce qui représente une perte conséquente pour l’éditeur.
Ces derniers veulent donc que les abonnés passent par leur propre site Web pour s’inscrire. De cette façon aucune redevance ne serait versée à Apple mais cela reste un procédé contraignant pour le consommateur.
Un autre problème soulevé par les organes de presse est que, par le biais de l’Apple store, les acheteurs n’ont pas de formulaire à remplir donc l’éditeur a un accès très limité aux données personnelles. Prendre l’abonnement grâce au site Web permettrait donc aussi aux éditeurs d’avoir accès à plus d’informations sur les abonnés et d’avoir un carnet clients plus conséquent.
La barrière mise par Apple oblige les développeurs à proposer une option d’abonnement via l’Apple store sur leur application, ce qui est plus pratique pour l’utilisateur qui n’a même pas besoin de sortir sa carte bleue pour souscrire à l’abonnement. Apple est donc assuré de faire plus de bénéfices dans la mesure où c’est ce mode de fonctionnement qui est privilégié.
Le problème pour les éditeurs est donc qu’Apple a réussi à les contrer également. Il fallait donc trouver une autre solution pour que le consommateur prenne son abonnement via le site Web du journal. Des offres groupées sont donc proposées par les journaux, plus avantageuses pour le nouvel abonné.
Mais à force d’imposer sa volonté aux éditeurs sans négociations possibles, Apple ne court-il pas le risque de les perdre, et les abonnés avec ?
Sur les sites Web de la plupart des journaux une offre “100% numérique” est suggérée pour une quinzaine d’euros. Elle propose un abonnement au journal décliné sur plusieurs supports : en PDF pour PC ou Mac, sur iPad et iPhone.
Cette offre groupée est valable uniquement si elle est prise sur le site du journal. Cela incite le consommateur à souscrire à un abonnement sur le Web plutôt que sur l’Apple store. Le consommateur peu donc avoir son journal sur plusieurs supports et ce qui permet à l’éditeur de l’application iPhone/iPad de conserver 100% des bénéfices.
Visiblement la presse a pris le pli des applications d’Apple en pensant gagner beaucoup de clients. C’est effectivement le cas dans une certaine mesure. Cependant les décisions d’Apple sont maintenant contestées par les éditeurs. Effectivement, ils perdent beaucoup à passer par l’entreprise à la pomme qui leur ponctionne 30 % à chaque abonnement, contre 0% si les utilisateurs prennent un abonnement via le site Web de l’éditeur.
Si un compromis n’est pas trouvé rapidement, le risque pour Apple est que ces éditeurs, et même d’autres entreprises, ayant une application, rebroussent chemin pour aller vers un autre groupe. En effet, il semblerait qu’Android soit en train d’améliorer son propre store, mais nous ne connaissons pas encore les modalités et les tarifs. On peut tout de même penser qu’une concurrence pourrait se mettre en place au sein même des stores des deux groupes. Une baisse de tarif serait donc en vue ? Ou bien Apple prendra-t-il le risque de perdre beaucoup de clients en se basant sur l’engouement qu’il suscite et ne baissera pas ses tarifs ?